« Renforcement de la gouvernance de la culture ». C’est l’une des ambitions nourries et exprimées sous forme de composante par le Programme d’appui aux industries créatives et à la Gouvernance de la culture (PAIC GC). Le ministère de la Communication, de la culture, des arts et du tourisme est délégué à sa mise en œuvre. Rasmané Kamba, conseiller technique dudit ministère, par ailleurs premier responsable de la composante « Renforcement de la gouvernance de la culture » explique la vision de l’institution.  

Mariam Ouédraogo (M. O) : Quelle est la date de démarrage effectif des activités de votre composante ?

Rasmané Kamba (R. K) : Trois mois après le démarrage du projet intervenu en août 2020, nous avons commencé l’acquisition de certains matériels, parce que sans ce matériel il était difficile de dérouler ce que nous voulons faire. Les différentes passations de marchés pour les acquisitions se déroulent normalement et lorsque le matériel est réceptionné, la répartition se fait automatiquement.

M. O : Quelles sont les missions de la composante pilotée par le ministère en charge de la culture ?

R. K : Le ministère de la culture est chargé du renforcement des capacités des acteurs ; cela sous-entend une dynamique d’amélioration de la gouvernance du secteur culturel. A cet effet, l’accent doit être mis sur plusieurs volets. Par exemple, le premier volet s’intéresse à l’appui à l’amélioration des informations sur l’économie de la culture, le second concerne la formation des ressources humaines dans le but d’accompagner les acteurs sur le terrain. En fait, il s’agit d’une formation professionnelle spécialisée pour pouvoir accompagner les opérateurs culturels sur le terrain et l’appui à l’organisation des services du ministère. Dans le cadre de ce programme, il est prévu des acquisitions en moyens roulant et matériels de bureau afin de doter nos différentes structures centrales et celles déconcentrées en matériels pour leur permettre de réaliser les missions à elles confiées.

M. O : Y a-t-il un dispositif pour veiller à une utilisation efficiente des ressources allouées ?

R. K: Dans le cadre du PAIC GC, le ministère de la culture a mis en place un dispositif de suivi et de capitalisation. Une unité de pilotage au sein de laquelle toutes les composantes se retrouvent et une équipe des responsables chargés du suivi-évaluation font un examen périodique de la mise en œuvre des activités des trois composantes du Programme. L’Unité de gestion du projet (UGP) tient également des réunions par mois au cours desquelles le bilan d’exécution des différentes activités est produit. En outre, le comité de revue apprécie le travail exécuté et formule des recommandations à la semestrielle revue à mi-parcours du Programme. Il faut rappeler qu’à l’issue du bilan périodique que nous réalisons, nous tentons de recadrer les activités qui doivent l’être.

M. O : Quel bilan dressez-vous à mi-parcours des activités menées par votre composante ?

R. K: Nous avons mené déjà beaucoup d’activités. En ce qui concerne les acquisitions, nous avons déjà réceptionné des véhicules : le ministère de la culture et sa direction de la région de Hauts-Bassins en ont bénéficié. Toutes les directions régionales ont reçu des mobylettes qui peuvent faciliter la mobilité des différents agents. Du matériel informatique et des fournitures de bureau ont également été reçus. Nous avons donc acquis presque tout ce qu’il fallait acquérir. En outre , des sessions de renforcement des capacité ont eu lieu. Il y a eu la formation des opérateurs culturels que nous avons planifié au niveau des trois composantes. Dans chaque composante, il y avait des idées de formation. La synthèse de ces idées a abouti à une formation transversale qui a regroupé des promoteurs culturels privés, des institutionnels et des responsables des organisations faitières du secteur.

La première année de mise en œuvre du programme s’est faite quasiment dans les délais impartis et nous en sommes satisfait. S’il faut nous évaluer sur une moyenne de 10, on pourrait nous attribuer une note de 8/10.

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Mariam OUEDRAOGO/Agence DEFICOM

Chargée de communication du PAIC GC

Satisfecit général du niveau d’exécution des projets bénéficiaires du premier appel à projets du PAIC GC à l’issue de la deuxième visite de suivi-évaluation. Zoom sur le projet « Les artistes chez les sans art » mené à bien par le Carrefour international de théâtre de Ouagadougou (CITO) et celui de l’association Mouvement Arts en force à travers son programme de formation sur les rythmes et styles musicaux lobi dagara.

Avec le soutien de l’Union européenne, le FDCT a financé la réalisation de 74 projets sur le territoire burkinabè, dans le cadre du premier appel à projets du PAIC GC avec une enveloppe de 1 277 324 755FCFA. A la date du 21 octobre 2022, plusieurs ont effectivement bouclés leurs activités conformément aux directives de la convention de financement selon lesquelles, les projets ont un délai d’exécution maximal de 18 mois.

Parmi ces projets figurent, « Les artistes chez les sans art » et le programme de renforcement de capacités des instrumentistes sur les styles et rythmes de musique traditionnelle lobi, achevés depuis quelques mois. Cette deuxième mission conjointe de suivi-évaluation du FDCT, de la délégation de l’Union européenne (UE) au Burkina Faso et de la coordination du PAIC GC vise à constater les indicateurs contenus dans les rapports intermédiaires et de clôtures acheminés auprès des services du FDCT. Il s’agit entre autres du nombre d’emplois directs et indirects crées, de la cible atteinte, des pièces justificatives des dépenses ordonnées dans le cadre de la mise en œuvre du projet et du respect des calendriers d’activités. Sur ces questions, les voyants sont au vert chez les deux projets.

Le projet « Les artistes chez les sans art » du Carrefour international de théâtre de Ouagadougou (CITO) s’est exécuté entre février et avril 2022.

Il est allé à la rencontre de 160 jeunes filles et garçons en difficulté ou en conflit avec la loi dans les centres d’accueil de Orodara, Gampela, Dédougou et Gaoua. Pour leur dispenser des formations dans quatre disciplines, notamment en technique de conte, en jeu d’acteurs, en instrument traditionnels et en danse traditionnelle. Des explications de Salamata Sawadogo, administratrice adjointe du CITO, le projet « Les artistes chez les sans art » est un projet de formation qui a débouché sur une création d’un spectacle inspiré du vécu des personnes bénéficiaires, écrit et mis en scène par des professionnels. Quatre auteurs et quatre metteurs en scène ont également été recrutés dans la mise en œuvre de ce projet, bénéficiaire d’une subvention de 16 millions Francs CFA accordée par le FDCT et l’UE au titre du PAIC GC.

Salamata Sawadogo, administratrice adjointe du CITO

Tout comme au CITO, les résultats chez l’association Mouvement Arts force sont encourageants. En témoigne Djébal Konaté, responsable du portefeuille PAIC GC au FDCT, « il y a une satisfaction générale des partenaires que nous sommes ; le FDCT et l’Union européenne par rapport à la manière dont ces projets ont été conduits et le respect des procédures des partenaires en matière de dépenses à effectuer dans le cadre de ces projets. »

Le Mouvement arts force, quant à lui s’est orienté vers l’initiation des instrumentistes modernes aux rythmes et styles de musique lobi dagara. De facto, 20 acteurs de la filière musique moderne se sont familiarisés avec les styles musicaux tels le biir, le Baobouna, le gopê ; des sonorités du terroir lobi dagara. Désormais, ces acteurs musicaux sont aptes à exécuter des créations traditionnelles en y apportant des touches de modernités et vice versa. Le tout, pour la satisfaction des artistes et des mélomanes.

A gauche Ollo Dah Président de l’association Mouvement Arts force et à droite Djébal konaté , responsable du portefeuille PAICGC au FDCT tenant le rapport de fin d’exécution du projet.jpg

« A ce jour, des arrangeurs et des instrumentistes modernes ayant au moins une dizaine d’année d’expérience dans le domaine en compagnie de jeunes artistes sont allés dans les profondeurs de la musique d’inspiration lobi dagara et peuvent désormais offrir leurs services à des artistes à la recherche d’inspiration traditionnelle. Un jacket de 4 titres a été produit » se réjouit Ollo Basile Dah, président de l’association Mouvement Arts force et coordonnateur du projet.

Pour rappel, la formation aux rythmes et styles instrumentistes lobi dagara s’est déroulée du 23 au 28 août 2021 à Ouagadougou.

Quelques pans de la gestion comptable non encore maîtrisés

En dépit des résultats satisfaisant, la mission de suivi-évaluation a constaté la persistance d’un dysfonctionnement chez moult opérateurs visités. « Le problème commun rencontré est la présence des certaines pièces justificatives des dépenses. Au début, des dépenses non conformes ont été effectuées et nous avons attiré l’attention pour leur prise en compte et présentement ils sont en train de les mettre à jour » a noté Djébal Konaté responsable de portefeuille PAIC GC au FDCT.

C’est donc sur des notes de collaboration fructueuse que les visites auprès des projets financés se sont achevées.

Mariam Ouédraogo/ Agence DEFICOM

Chargée de communication du PAIC GC

Le 28 octobre est célébré la journée internationale du cinéma d’animation. Au Burkina Faso, le secteur a de l’avenir et peut être mis à profit pour exporter et vendre la culture burkinabè, foi de Serge Dimitri Pitroipa, président de l’Association burkinabè du cinéma d’animation (ABCA), également réalisateur producteur et directeur de PIT Production.

Mariam Ouédraogo (O M) : veuillez nous présenter brièvement l’ABCA !
Serge Dimitri Pitroipa (DP) : L’Association burkinabè du cinéma d’animation (ABCA), née en 2013 est l’une des premières associations du cinéma d’animation de la sous-région ouest-africaine. Elle regroupe des réalisateurs, des cinéastes, des peintres, des producteurs, des animateurs et toutes les personnes passionnées du cinéma d’animation. Son objectif est de promouvoir le cinéma d’animation, d’organiser des ateliers de formation et d’accompagner les structures de production de cinéma d’animation.

M O : En d’autres termes plus accessibles au citoyen lambda, comment définissez-vous le cinéma d’animation ?
D P : On peut aussi appeler le cinéma d’animation, le cinéma images par images. C’est l’ensemble d’images fixes qu’on transforme en mouvement.

M O : Comment y êtes-vous arrivé ? A votre actif, combien de séries animées avez-vous déjà produit, et combien sont diffusées ?
D P : A mon actif, j’ai déjà plusieurs films d’animation mais pas encore de série. La première, porteuse d’identité culturelle burkinabè est en train d’être parachevée et sera bientôt en diffusion sur les chaînes de télévision au plan national. Néanmoins, j’ai plusieurs courts métrages d’une à 10 minutes. Les plus vus sont « afrogame », « zozo » et « tempête dans une calebasse ».

M O : Comment se porte le cinéma d’animation au Burkina Faso ?
D P : Le secteur avait des difficultés mais avec le soutien du FDCT et de l’UE dans le cadre du PAIC GC, il est en train de voir la ligne d’horizon. Auparavant, il bénéficiait du soutien de l’ambassade royal du Danemark grâce à qui nous avons obtenu des renforcements de capacités au Burkina Faso et à l’extérieur. On peut dire que le secteur se porte très bien et de nombreux jeunes sont en train de se former pour y entrer.

M O : Quel est le parcours pour y parvenir ?
D P : Il y a plusieurs profils dans le métier. Des animateurs, des décorateurs, des cleaner et des dessinateurs. Au regard de la technicité du cinéma d’animation, la majeure partie du travail n’exige pas de grandes qualités de dessinateur. En exemple, le stop motion consistant en la manipulation des marionnettes. En plus du dessin animé, il y a entre autres le stop motion, la pixellisation. Pour faire du dessin animé, il faut être un bon dessinateur et avoir une bonne formation. Or, le Burkina Faso ne dispose pas pour l’instant d’une école de cinéma d’animation. Pour juguler le manque de formation, l’ABCA organise souvent des sessions de formation en animation avec le soutien du gouvernement burkinabè à travers le Fonds de développement culturel et touristique (FDCT) et le Fonds d’appui à la formation professionnelle et l’apprentissage (FAFPA). Avec le soutien de l’ambassade du royaume de Danemark et du FDCT, nous avons dispensé des formations à Koudougou, Dédougou et Bobo Dioulasso à travers le projet Burkina Animated.

M O : Est-ce qu’on peut vivre du métier de cinéma d’animation au Burkina Faso?
D P : (Rires) ! On peut vivre du métier de cinéma d’animation. C’est comme être producteur ou réalisateur de film mais le cinéma d’animation est encore plus compliqué parce qu’il n’est pas encore bien connu au Burkina Faso. Grâce aux petites productions, je crois que l’animateur peut vivre de son art et c’est d’ailleurs un métier d’avenir.

M O : Le PAIC GC est né au regard du rôle de la culture dans la vie socio-économique du pays, quelle appréciation faites-vous de ce programme ?
DP : Pour nous, ce programme est la bienvenue. Nous en avons reçu un financement pour la réalisation de la série de dessins animés « Malaika, patrimoine culturel d’une nation ». et c’est grâce à ce programme que cette série de dessin animé, « made in Burkina Faso » et traitant des réalités burkinabè existe.

M O : Quelles sont les difficultés que rencontre le secteur au Burkina Faso ?
DP : La diffusion est l’une des difficultés auxquelles nous faisons face au Burkina Faso. Désormais, l’avènement du numérique, plus précisément de Télévision numérique terrestre est en train de résoudre les difficultés liées à cet aspect. Egalement, il y a les défis liés à l’accès à la formation et aux financements. Certes, nous avons une équipe de petite taille au sein de l’ABCA mais pour une formation en animation il faut souvent faire appel à des professionnels de l’extérieur.

M O : Quel(s) message(s) portez-vous à l’occasion de la journée internationale du cinéma d’animation ?
DP : A l’ occasion de cette journée, nous aimerons interpeller nos autorités et les partenaires financiers sur l’importance du cinéma d’animation et l’importance de l’accompagner pour qu’il puisse valoriser notre culture. Aussi, le cinéma d’animation est un outil pédagogique, notre souhait est qu’on ait des partenaires pour pouvoir réaliser des projets et vendre notre culture.

Propos recueillis par Mariam Ouédraogo/Agence DEFICOM
Chargée de communication du PAIC GC

Dans le cadre du premier appel à projets du Programme d’appui aux industries créatives et à la Gouvernance de la culture (PAIC GC) financé par le Fonds de développement culturel et touristique (FDCT) avec l’appui de l’Union européenne (UE) au Burkina Faso, l’association Reflet de beauté- Bobo Dioulasso a bénéficié d’une subvention pour l’exécution d’un projet de renforcement de capacité de 27 jeunes filles. Au départ, autodidactes en coiffure, les impétrantes arrivent désormais à faire fructifier leurs affaires.

« Je ne savais pas faire les grosses nattes en forme de zigzag ainsi que celles en forme de grillage. Au cours de la formation j’ai appris à le faire et c’est comme si j’ajoutais un plus à ce que je faisais avant. Maintenant ça va. J’ai encore plus de clientes et j’ai même reçu deux jeunes filles à qui je suis en train d’inculquer les connaissances que j’ai apprises. »

Awa Kassamanké, coiffeuse bénéficiaire du projet de renforcement des capacités de l’association Reflet de beauté

 

 

 

Natacha Kéké, est fière de s’être améliorée en offre de soins esthétiques

« On a appris à créer des modèles de coiffure africaine pour les défilés de mode, entre autres les grosses nattes. Aussi, je me suis améliorée en soins esthétiques. Dans l’ensemble, j’ai appris au cours de ce projet des connaissances en complément à ce que je faisais avant et j’arrive à faire beaucoup plus de modèles de coiffure. Maintenant dans mon salon de coiffure, j’ai amélioré la qualité du service offert à mes clientes. »

Gloria Koné salue la tenue des séances de formation

« A travers la formation, j’ai appris l’esthétique et la coiffure africaine. Depuis lors, mes activités vont beaucoup mieux dans puisqu’au cours de la formation, plusieurs personnes ont découvert mes talents et sollicitent désormais mes services de coiffure ou esthétique à l’occasion des mariages, baptêmes et autres cérémonies. »

Diarra Ouattara est désormais cheffe d’entreprise

 

 

 

« A travers la formation, j’ai appris le make-up, la coiffure africaine, comment créer et gérer une entreprise et tout va mieux dans mes activités. Je viens d’ouvrir un salon de coiffure. »

 

 

Propos recueillis par Mariam OUDEFRAOGO/ Agence DEFICOM

Chargée de communication du PAIC GC

 

 

Faire des jeunes filles autodidactes exerçant dans l’art capillaire des chefs d’entreprises prospères tout en améliorant leurs compétences : c’est la quintessence du projet soumis par l’association Reflet de beauté-Bobo Dioulasso, bénéficiaire du premier appel à projets du Programme d’appui aux industries créatives et à la Gouvernance de la culture (PAIC GC). Les résultats sont encourageants au terme des séances de formation et de coaching.  27 jeunes coiffeuses sont aptes à produire des modèles de coiffure porteuse d’identité africaine et à fidéliser leur clientèle.

En août 2021, à Bobo Dioulasso, l’association Reflet de beauté a débuté la mise en œuvre du projet de « renforcement des capacités de 30 jeunes filles des Hauts-Bassins en coiffure et esthétique, en santé et mesures d’hygiène et en création et gestion d’entreprises culturelles » pour une durée de six mois. Dans l’ensemble, le projet s’est très bien déroulé avec le concours de toutes les parties prenantes et l’accompagnement des comités techniques du PAIC GC. Et c’est une satisfaction générale.

Les bénéficiaires sont des jeunes filles, autodidactes dans le domaine de la coiffure et de l’esthétique identifiées à travers des structures faîtières de la région des Hauts-Bassins comme le Conseil régional de la jeunesse, le Conseil régional de l’économie informelle. 27 impétrantes sur 35 candidates inscrites au départ ont reçu une notation satisfaisante à l’issue de la phase d’évaluation au terme de la formation.

Une vue des modèles réalisés par les bénéficiaires au cours de l’exécution de la formation entrant dans le cadre du projet de renforcement des capacités

Ce projet a bénéficié d’une subvention d’environ 10 millions FCFA du Fonds de développement culturel (FDCT) et touristique avec l’appui de l’Union européenne (UE) au Burkina dans le cadre du premier appel à projets du PAIC GC. Ce projet vient à point nommé aux dires de Angelina Sanou, présidente de l’association Reflet de Beauté, parce que dans le domaine de la coiffure à Bobo Dioulasso, on sentait le besoin de renforcer les compétences des coiffeuses autour des questions de création et de gestion d’entreprises culturelles.

Un coaching de proximité pour pérenniser les acquis

En février 2022, le projet a officiellement clos ses activités. « Mais les activités du projet se poursuivent au-delà. En fait, un dispositif interne est mis en place pour un suivi des bénéficiaires. D’abord, il y a un groupe WhatsApp réunissant toutes les participantes et l’équipe de formation où les échangent s’effectuent en continu. Également, au sein de l’équipe dirigeante de l’association, une personne travaille à nouer des partenariats avec d’autres partenaires financiers pour permettre de doter les impétrantes de kits de travail » rassure Angelina Sanou, présidente de l’association Reflet de beauté.

Angelina Sanou, présidente de l’association Reflet de beauté se réjouit d’avoir pu participer à la professionnalisation des acteurs de l’art capillaire avec l’appui du PAIC GC

Ceci constitue un projet adjuvant dont l’objectif est de pérenniser les acquis du projet qui vient de s’achever. En effet, selon la présidente de l’association, on sent la nécessité de les suivre, sinon les former pour les laisser à elles-mêmes entachera l’impact recherché par la mise en œuvre du projet. C’est dans cet élan qu’au-delà des modules inscrits dans le projet, nous avons intégré d’autres modules parce qu’on sentait cette nécessité de leur donner ce savoir. Il s’agit entre autres des techniques de recherche de clientèle, des techniques de communication et des techniques de recherche de financement.

Reflet de beauté est à la fois une association et un centre de formation professionnelle qui évolue dans le domaine de l’art capillaire, notamment la coiffure, l’esthétique, la décoration, le mannequinat, la culture hors sol et le tissage des pagnes ; basée dans la ville de Bobo Dioulasso.

Il faut noter que le module « coiffure et esthétique » a été dispensé par Simone Traoré née Larrou et Jacqueline Ouédraogo, des noms très connus dans le domaine dans la région. Quant au module portant sur « la santé et les mesures d’hygiène » Nazé Ouattara qui est agent de santé au Centre Hospitalier universitaire Sourou Sanou (CHUSS) de Bobo Dioulasso accompagné de Elihu Ademé les ont dispensés. Mariam Diallo et Djénéba Compaoré ont partagé leurs expériences sur la création d’entreprise et la gestion financière avec les apprenantes.

Reflet de beauté-Bobo Dioulasso est joignable aux numéros suivants : 71 27 32 07/ 67 12 12 36

Mariam OUEDRAOGO/Agence DEFICOM

Chargée de communication du PAIC GC

A Bobo Dioulasso, des jeunes ; sourds muets, non-voyants et ceux vivant avec un handicap moteur dansent, font de la musique et du théâtre avec des jeunes gens dites valides. Cela est le fruit du projet « Lönni », développé par l’association Art au-delà du handicap (ADH) et cofinancé par le PAIC GC à hauteur de 16 868 250FCFA, dans le cadre du premier appel à projets. Ces jeunes, désormais de plain-pied dans le monde des arts de la scène visent les scènes des festivals nationaux et même internationaux.

Omar Sanou, jeune sourd muet, se projette sur les scènes internationales de danse dans quelques années, après quelques mois d’’incubation dans le cadre du projet Lönni. « Je me suis fait former en danse et j’ai appris des mouvements des techniques chorégraphiques pour évoluer » se réjouit-il. En plus de l’expérience en matière de danse déjà acquise, le jeune artiste souhaite apprendre davantage pour évoluer et être un grand danseur ou chorégraphe un jour. A sa suite, Abdoul Karim Sawadogo, jeune non-handicapé embouche la même trompette. Pour lui, « je sens qu’il y a de l’évolution dans notre apprentissage au sein du projet depuis son démarrage ». Mieux, il se réjouit de pouvoir s’exprimer par la langue des signes, une situation qui fluidifie désormais la collaboration entre les personnes vivant avec un handicap auditif et lui .

Abdoul Karim Sawadogo, jeune non-handicapé, bénéficiaire du projet Lönni s’exprime désormais aisément avec ces camarades sourds-muets

Omar Sanou, jeune sourd-muet, bénéficiaire du projet Lönni  compte mettre à profit cette formation pour aller de l’avant dans sa carrière professionnelle en tant que danseur chorégraphe

 

« Lönni » est un terme issu de la langue mandé et qui signifie en français « le savoir ». Ce projet de renforcement des capacités en danse, théâtre, musique, la langue des signes et en informatique, débuté en septembre 2021 s’exécute au profit de 60 jeunes en situation de handicap et ceux dits valides sur une durée de 10 mois.

Les participants sont repartis par catégorie de handicap et de filière. 20 jeunes dont 10 en situation de handicap auditif ont participé aux ateliers de danse.  10 pensionnaires non-voyants de l’Union nationale des Associations burkinabè des aveugles et malvoyants (UN-ABPAM) et 10 jeunes personnes dites valides ont assisté ensemble à l’atelier de musique. Pour le renforcement des capacités en théâtre, des personnes en situation de handicap auditif, des personnes en situation de handicap moteur et des personnes dites valides ont reçu les enseignements ensemble.

Salimata Dembélé, chargée d’administration et de production de l’association Art au-delà du handicap (ADH)

Informatique pour tous

Pour pallier la non-maîtrise des outils des technologies de l’information et de la communication, des cours d’informatique ont également été offerts à tous les participants au projet pour également juguler un des freins au développement de leur carrière professionnelle. Aux dires de Salimata Dembélé, chargée d’administration et de production de l’association Art au-delà du handicap (ADH), l’objectif à travers cela est de leur permettre « en tant qu’artiste de pouvoir maîtriser internet, les outils informatiques et également de pouvoir écrire eux-mêmes leurs dossiers artistiques sans avoir à se payer les services des administrateurs ».

Le choix du public cible des sessions de renforcement de capacité, composé majoritairement de personnes vivant avec un handicap n’est pas fortuit.

L’objectif premier c’est de créer « de la chaleur » entre ces deux publics différents. Et donner l’opportunité après le handicap à ces jeunes de pouvoir exercer des activités qui peuvent contribuer dans leur développement socio culturel et économique et celui de leur terroir.

En associant un public vivant avec un handicap et un groupe non handicapé, l’objectif est de briser cette barrière qui existe entre les personnes qui sont en situation de handicap et celle dites valides, tranche Yaya Sanou, danseur-chorégraphe par ailleurs directeur artistique de ADH et promoteur du projet Lönni. Pour ce faire, il opte pour la promotion de la langue des signes ; devenue outil de communication de tous les participants du projet et qui facilite l’inclusion du public en marge. Il faut préciser qu’ une technique a été mise au point pour  permettre  aux participants vivant avec un handicap visuel d’apprendre ladite langue.

Un projet très productif avant échéance…

« Avant la fin du projet nous avons déjà deux compagnies qui sont créées. La première, dénommée « Fientan », basée au sein de ADH est composée de sourds muets qui sont en train déjà de faire des créations et qui ont participé à de nombreux évènements au Burkina et qui travaillent à être des artistes professionnels et indépendants et pouvoir exercer leur travail sans l’aide de leurs proches » a révélé le directeur artistique de l’association.

Yaya Sanou, danseur chorégraphe et directeur artistique de l’association Art au-delà du handicap (ADH)

Nonobstant cela, la dynamique équipe de l’association nourrit de belles perspectives après le délai d’exécution du projet Lönni. « Nous sommes en train de tisser des relations avec des compagnies de danse au Burkina et à l’extérieur pour des productions et des créations artistiques. Pour l’heure ; en France et au Mali, des structures ont émis un avis favorable pour des échanges culturels, des créations ou même des résidences pouvant aboutir à des restitutions avec nos équipes. Une association travaillant dans le même domaine au Mali est prêt à accueillir une de nos créations qui va sortir à la fin de ce projet. »

L’association Art au-delà du handicap (ADH) milite pour l’insertion socio professionnelle par la culture des enfants et jeunes vivant avec un handicap et ceux non handicapé dans la ville de Bobo Dioulasso.

Site web: www.arthandicapbf.org

Contacts: 75 87 87 89/ 78 38 67 60

Mariam OUEDRAOGO/ Agence DEFICOM

Chargée de communication du PAIC GC

 

 

Le 5 juillet 2022, à Bobo Dioulasso, la ministre de la Communication, de la culture, des arts et du tourisme, Valérie Kaboré, accompagnée du chef de la délégation de l’Union européenne (UE) au Burkina Faso, Wolfram Vetter;  des membres de l’unité de gestion du PAIC GC ; des autorités administratives, religieuses et des opérateurs culturels de la région, a présidé la cérémonie solennelle marquant l’opérationnalisation de l’antenne régionale du FDCT dans la région des Hauts-Bassins du Burkina Faso. Avec cette représentation, l’image de Bobo Dioulasso comme ville culturelle par essence devra être forgée.

La ville de Sya voit ainsi le début de la phase pilote d’implantation du FDCT dans les régions. C’est une volonté du gouvernement qui se concrétise dans le cadre de la mise en œuvre du PAIC GC. L’objectif de cette mesure est de

rapprocher les acteurs culturels de leur administration afin de leur permettre de bénéficier d’un accompagnement technique et financier adéquat dans la création, la production et la distribution des œuvres artistiques porteuses d’identité.

Les opérateurs culturels et les partenaires techniques et financiers ont exprimé une satisfaction générale, à l’occasion et salué la portée de l’infrastructure.

La ministre en charge de la Culture, Valérie Kaboré, accompagnée, à sa droite du chef de la délégation de l’UE au Burkina Faso, Wolfram Vetter et à sa gauche du gouverneur de la région des Hauts-Bassins, Moussa Diallo ouvrant officiellement les locaux

Pour les opérateurs culturels de la région, cette antenne vient à point nommé et répondra à des besoins pressants au vu des difficultés liées aux procédures administratives qui leur imposent des déplacements sur Ouagadougou. « Chers acteurs culturels et touristiques de la région des Hauts-Bassins, cet instrument est le nôtre. Nous devons nous en approprier avec plus de professionnalisme et de rigueur », s’est adressé Armel Sié Kam, représentant des acteurs culturels de la région des Hauts-Bassins à ses confrères. Avant d’ajouter que l’exemple devra venir des Hauts-Bassins afin que d’autres localités puissent en bénéficier et au bonheur de tous.

Une vue des officiels et des invités qui ont voulu apporter leur soutien au Programme, à l’occasion

Il faut rappeler que le PAIC GC bénéficie de l’appui financier et matériel de l’Union européenne d’un montant de plus de six milliards de FCFA dans le cadre du 11e Fonds européen pour le développement. Des moyens roulants ont été octroyés à la nouvelle antenne régionale.  Par la voix du chef de la délégation de l’Union européenne au Burkina, l’UE s’est dite satisfaite de voir cette mesure inscrite dans les agendas du programme se réaliser sur le terrain et espère la voir forger l’image de Bobo Dioulasso comme ville culturelle par essence.

La cour de l’antenne régionale du FDCT des Hauts-Bassins

Wolfram Vetter a au cours de la cérémonie réaffirmé l’engagement de l’Union européenne à accompagner le secteur en dépit du contexte socio-politique et sécuritaire assez difficile.

La ministre en charge de la culture, Valérie Kaboré a réitéré la gratitude du gouvernement burkinabè à l’appui sans cesse renouvelé de l’Union européenne et précisément celui offert au secteur de la culture dans le cadre du PAIC GC. Elle a à cet effet exhorté les destinataires de l’infrastructure à travailler en synergie pour le rayonnement des acteurs culturels et touristiques au-delà des frontières du pays.

La déconcentration et la démocratisation en marche…

L’implantation de l’antenne régionale suscitera de nouvelles stratégies d’accompagnement des opérateurs culturels. « L’ouverture de l’antenne favorise l’émergence d’une stratégie de financement ciblée à travers des appels à propositions thématiques par région et par filière dans l’optique d’optimiser les ressources et parvenir à des résultats forts appréciables qui transforment le secteur culturel burkinabè et améliorent les conditions de vie et de travail des acteurs culturels ».

Dans la même veine, « cette antenne vise à renforcer la déconcentration de l’action culturelle et la démocratisation de la culture à l’échelle régionale » s’est réjoui Wolfram Vetter, chef de la délégation de l’UE au Burkina Faso.

En présence de la ministre et des distingués invités, les acteurs culturels de la région ont pris l’engagement d’être des collaborateurs modèles, soucieux de la bonne marche et de la pérennité de l’antenne. Elle est située au secteur 5 de la ville de Bobo Dioulasso, à proximité de la maison de la Culture Anselme Titiama Sanou.

Mariam OUEDRAOGO/ Agence DEFICOM

Chargée de communication du PAIC GC

 

Avec l’appui du PAIC GC, le Collectif Wekré a pu mettre en œuvre son projet dénommé « Incub’arts ». Ce projet de formation dans les domaines de la galerie d’arts plastiques, du commissariat d’exposition et de la critique d’arts a pour objectif d’aider à la structuration du secteur et des maillons de ses chaînes de valeur. 

Le Collectif Wekré est un regroupement de jeunes burkinabè de compétences diverses. Leur vision commune est de contribuer à la promotion des arts plastiques et à la promotion des artistes plasticiens burkinabè tant au plan national qu’à l’international. Le chemin pour y arriver est clair pour le collectif. Former les jeunes aux métiers de curateurs ou commissaires d’exposition, d’agents d’art plastiques, de critiques d’arts et de galeristes à travers le projet « Incub’arts », car convaincu que le développement du secteur passe par des acteurs connexes qualifiés.

« Incub’arts », une contraction de « Incubateur des arts » est l’un des 74 projets financés par le Fonds de développement culturel et touristique (FDCT) dans le cadre du PAIC GC avec l’appui de l’Union européenne au cours du premier appel à projets. Il a bénéficié à cet effet d’une subvention de 15 415 706 FCFA pour un coût total du projet s’élevant à environ 18 millions FCFA. L’objectif visé est de créer les chaînons manquant de la filière des arts plastiques et appliqués au Burkina Faso.

 L’idée de Aboubacar Sanga, secrétaire exécutif du Collectif wekré et de ses camarades est née au vu des conditions peu reluisantes du secteur. En effet, « si vous remarquez, au Burkina, on a de très grands artistes comme Siriki Ky, Christophe Sawadogo, Adjaratou Ouédraogo… et le fait que le pays ait des artistes de renom et qu’autour d’eux, nous n’avons pas les professionnels qui doivent contribuer à la promotion, à la visibilité, et à la commercialisation des œuvres de tous ces artistes, nous avons jugé nécessaire de créer l’environnement nécessaire pour le développement de ce secteur » campe Aboubacar Sanga. Pour lui, créer l’environnement nécessaire pour le développement de ce secteur implique la formation de galeristes, curateurs et de critiques d’art plastiques qui constituent les chaînons manquants de la commercialisation des œuvres. Jusqu’à présent, il n’existe quasiment pas de galeries d’art au Burkina ; peu de journalistes s’intéressent à la critique dans le domaine des arts plastiques et peu de personnes font du commissariat d’exposition un métier.

Aboubacar Sanga, secrétaire exécutif du collectif Wekré nourrit de grandes ambitions pour le rayonnement du secteur des arts plastiques au Burkina Faso

Avec cet ambitieux projet, le collectif Wekré a permis la formation de 35 jeunes burkinabè dont dix dans la catégorie gestion de galerie mais aussi la gestion de la carrière d’un artiste plasticien. Le deuxième lot a concerné douze jeunes, formés au commissariat d’exposition, retenus à la suite d’un appel à candidature. Et, le troisième lot composé de treize journalistes s’est intéressé à la critique d’art plastique.

Durant six mois, les participants essentiellement composés d’étudiants inscrits dans les filières de la gestion administrative et culturelle de l’Université Joseph Ki-Zerbo et d’autres instituts privés et de journalistes exerçant dans des organes de presse ont d’abord eu droit à des séances de formation en ligne, par visioconférence, animées par des réputés acteurs du domaine, résidant à l’étranger. En l’occurrence, Éric Wonanu du Togo dans la catégorie commissariat d’exposition, Dr Célestin Yao Koffi de la Côte d’Ivoire dans la catégorie agent d’artiste-galerie d’art et Auguste Mimi Errol de la Côte d’Ivoire dans la catégorie critique d’art.

Une satisfaction pour l’expérience acquise

La dernière étape, elle s’est déroulée en marge de la troisième édition du Marché d’art contemporain de Ouagadougou- wekré, tenue du 2 au 8 mai 2022 au Parc urbain Bangr weogo.  A l’occasion, une part belle a été faite aux cas pratiques. Entre autres, les étudiants ont été impliqués dans l’organisation de l’évènement. D’autres sont allés à la rencontre des artistes exposant à l’occasion pour s’exercer, chacun dans son domaine d’intervention.

 

Harouna Neya, journaliste s’est désormais familiarisé à l’écriture d’article du genre critique d’art

Arouna Neya, journaliste, a participé à la formation en critique d’art. « A la base, je n’écrivais pas les articles de critique ; je rédigeais des articles journalistiques simples, des comptes-rendus et reportages et là il y a une plus-value en termes d’écriture », se réjouit-il au terme de cette session de formation. « Pendant la phase en présentiel, nous nous sommes exercés à la rédaction d’articles critiques. Il s’agissait de rentrer en contact avec les artistes plasticiens qui exposent au festival, de faire des articles sur leurs œuvres pour leur permettre d’avoir un autre regard sur leurs œuvres. » Désormais, il nous appartient, en tant que critique d’art de pouvoir mettre en valeur le travail de ces artistes, et donner une raison au public d’acheter les œuvres à un prix qui récompense la créativité de l’artiste et l’originalité de l’œuvre, rassure le journaliste.

Ce dernier se réjouit aussi d’avoir pu revisiter l’historique de l’art plastique au Burkina et en Afrique et de ses pionniers.

Tout comme Arouna Neya, Aïssatou Gouba, étudiante en Art, Gestion et Administration Culturelle (AGAC) à l’Université Joseph Ki-Zerbo, a pris part au projet Incub’arts. Participante dans la catégorie agents d’artistes et galériste, elle a pu au cours de la formation se familiariser avec les différentes chaînes de valeur des arts plastiques, notamment, de la sculpture, des musées, et des foires d’exposition. Elle se dit apte désormais à gérer une galerie ou la carrière d’un artiste plasticien. Dans la phase pratique de la formation, « on nous a appris à prendre contact avec l’artiste, échanger avec lui sur sa vie d’artiste, la nature de son travail ».

Aissata Gouba, impétrante dans la catégorie « agent d’artiste et galeriste »

Dans la catégorie « commissaire d’exposition » ou curateur, Soma Traoré, étudiant en AGAC a appris les critères d’identification et de sélection des œuvres d’art et comment organiser des cérémonies. Après cette formation, « nous sommes capables d’identifier les bons artistes qui ont produit des œuvres d’art qui répondent aux critères et d’organiser de bout en bout une cérémonie ». Ces impétrants seront accompagnés, foi de Aboubacar Sanga pendant au moins trois ans pour leur permettre de se perfectionner dans le domaine et être compétitif au plan national et international. Cet accompagnement se matérialisera par leur implication aux prochaines éditions du marché d’art contemporain de Ouagadougou Wekré et aux évènements que le collectif organisera.

Le collectif Wekré est à l’initiative du marché d’art contemporain de Ouagadougou appelé « Wekré » qui est à sa troisième édition en cette année 2022 et de la biennale d’art visuel de Bobo Dioulasso intitulée « Yirwa ». Contacts :  78 52 15 15, www.collectifwekre.net.

Note d’information

Un galeriste est une personne qui possède une boutique d’exposition ou de vente d’œuvres d’art.

Un agent d’artiste est celui qui peut-être n’a pas une galerie mais travaille avec un artiste plasticien en vendant ses œuvres.

Un commissaire d’exposition porte la responsabilité de l’exposition celui de trouver le thème, sélectionner les œuvres, la scénographie, préparer toute la communication en amont et en aval.

Mariam OUEDRAOGO/ Agence DEFICOM

Chargée de communication du PAIC GC

 

 

La région des Hauts-Bassins du Burkina Faso abrite la phase pilote de la composante « décentralisation culturelle », une des trois (03) composantes, dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’appui aux industries créatives et à la Gouvernance de la culture (PAIC GC). Grâce à ce partenariat très porteur noué avec le conseil régional des Hauts-Bassins et la Direction régionale de la culture et du tourisme, institutions en charge d’exécution des activités de ladite composante, le secteur de la culture dans la région connaît des avancées notables, comme le précise Mamadou Zallé, responsable de la composante « décentralisation culturelle » et par ailleurs directeur des Affaires culturelles, sociales et environnementales du conseil régional des Hauts-Bassins. Il faut aussi rappeler qu’il s’agit d’un programme pilote et que les leçons tirées vont guider l’extension de la décentralisation culturelle et touristique dans les autres régions du Burkina Faso.  

Comment se porte la composante décentralisation culturelle ?                           

Bien ! Les activités au niveau de la composante « décentralisation culturelle » se passent bien dans la mesure où les attentes des acteurs sont en train d’être comblées par la mise en œuvre des différentes activités qui ont été planifiées dans le plan d’actions et le plan du budget et de travail annuel (PTBA) que nous avons élaboré de façon participative.

Quels sont les impacts de la mise en œuvre de ce programme sur le terrain ?

Les impacts sur le terrain se font sentir. La première année, nous avons pu tenir le cadre de concertation où des recommandations ont été faites dont certaines se trouvaient dans le plan d’actions au niveau du plan de travail et de budget annuel (PTBA) et même dans la stratégie régionale en cours d’élaboration ; stratégie de laquelle nous avons extrait un certain nombre d’activités qui sont financées par le PAIC GC. Parmi les plus importantes, il y a le portail culturel de la région que nous sommes en train de parachever. L’outil sera comme un site internet.

Séance de travail de l’équipe de mise en œuvre avec le consultant chargé de la conception du portail culturel

L’objectif est de contribuer à l’amélioration de la visibilité de la région des Hauts-Bassins à travers cet outil. De façon spécifique, il s’agit de concevoir et rendre opérationnel un portail culturel de la région des Hauts-Bassins.

Nous allons y poster les potentialités et l’offre culturels et touristiques de la région des Hauts-Bassins pour permettre de valoriser le patrimoine culturel et créatif de la région. Il en est de même de toutes les productions que nous réaliserons dans le cadre de ce programme afin de les rendre disponibles pour les acteurs culturels de la région, du pays et de la diaspora, les décideurs politiques et les chercheurs.

Y a-t-il d’autres missions assignées à cette composante ?

La région des Hauts-Bassins est riche de ses ressources naturelles et de son patrimoine culturel et nous travaillons à les valoriser. Vous savez que pour valoriser un secteur qui est très riche comme la culture dans les Hauts-Bassins, il faut partir de la structuration des acteurs eux-mêmes. Et une fois que ces acteurs sont bien organisés, ils peuvent constituer une vraie force de proposition pour entreprendre des actions au bénéfice de leurs membres en faisant des plaidoyers visant l’amélioration du climat des affaires et la préservation du patrimoine naturel et immatériel de la région. Dans ce cadre, un certain nombre d’activités prévoit la structuration des faitières et nous travaillons en bon tandem avec la coordination régionale de la Confédération nationale de la culture (CNC) pour permettre une meilleure structuration de la base (les provinces et les régions) jusqu’au sommet de ces acteurs (le niveau central). Ce qui les aidera à saisir les opportunités qui s’offrent à leurs filières.

En dehors de la création du portail, quelles sont les activités majeures réalisées par la composante ?

Par ailleurs, nous sommes dans la dynamique de réalisation d’études sur les routes du tissu, du balafon et des masques pour contribuer à la valorisation des potentialités culturelles de la région tant à l’interne qu’à l’externe. Il y a également un plan de conservation et de gestion que nous avons élaboré en collaboration avec les assistants techniques du programme qui nous accompagnent du reste sur la mise en œuvre de l’ensemble des activités planifiées. Tous ces outils doivent concourir à mettre en exergue ce qui existe dans la région et comment nous allons procéder afin de les valoriser pour soutenir le développement économique et social de la région.

Comment se passe la collaboration avec les acteurs culturels sur le terrain ?

La collaboration avec les opérateurs culturels se passent bien. Dans l’ensemble, nous travaillons en bon tandem. La preuve, le premier cadre de concertation a eu lieu le 27 avril 2021 avec l’ensemble des parties prenantes et les opérateurs culturels. Les échanges étaient très riches et cordiaux. Toutefois, ces opérateurs culturels n’ont pas manqué de réaffirmer leur disponibilité pour la poursuite de tels travaux. Également, ils ne ménagent aucun effort pour s’informer sur la vie du projet et nous prêtons toujours une oreille attentive à leurs préoccupations.

Photo de famille du premier cadre de concertation des acteurs de la culture et du tourisme culturel

Il faut ajouter les actions directes en faveur des acteurs culturels au nombre desquelles figurent :

  • La participation des acteurs culturels et les agents de l’administration publique au premier cycle du programme transversal de formation. La participation de la région a été très forte en ce sens qu’elle est porteuse du plus gros contingent derrière le Centre.
  • La participation des acteurs culturels aux manifestations culturelles et commerciales au Burkina et à l’international
  • Le plan de réhabilitation des lieux de spectacles
  • L’ouverture prochaine de l’antenne du FDCT à Bobo-Dioulasso et le lancement du prochain appel à projets exclusivement réservé aux acteurs culturels et créatifs de la région.

 

Propos recueillis par Mariam OUEDRAOGO/ Agence DEFICOM

Chargée de communication du PAIC GC

 

Le Programme d’appui aux industries créatives et à la Gouvernance de la culture (PAIC GC) a démarré effectivement ses activités le 1er août 2020. Quels sont les résultats engrangés au cours de la première année écoulée et quelles sont les priorités pour cette deuxième année déjà bien entamée depuis le 1er août 2021? Entretien avec Djibril Belem, Responsable en charge du suivi-évaluation du programme.

Comment se porte le PAIC GC depuis le début de sa mise en œuvre ?

Bien. Il faut rappeler que c’est le 5 décembre 2018 que l’ordonnateur national qui est le ministère de l’Economie et des finances a signé et paraphé la convention de financement. Depuis lors, on a pu assister à la mise en œuvre des activités préparatoires, dont l’une des plus importantes était l’étude d’évaluation du Fonds de développement culturel et touristique (FDCT). C’est une évaluation qui a permis de déterminer les capacités techniques et opérationnelles du FDCT à pouvoir mettre en œuvre une tranche (la plus importante) du programme, notamment le volet financement des opérateurs, le volet renforcement des capacités à travers l’ouverture de l’antenne régionale et l’appui conseil. Au stade actuel, on a pu réaliser les activités de la première année. En termes de bilan sur la première année, il faut préciser que la mise en œuvre opérationnelle a commencé le 1er août 2020 pour la phase opérationnelle. Depuis le 1er août 2020 jusqu’au 31 juillet 2021, il y a eu 55 activités qui avaient été planifiées dans le cadre de la tranche annuelle du Programme. 33 ont été réalisées, 17 sont en cours de réalisation et 5 n’ont pas connu de démarrage. En termes d’exécution financière pour l’ensemble des composantes, c’est acceptable. Pour la composante portée par le ministère de la Culture, le taux d’exécution financière était de 74%. Le FDCT a enregistré plus de 80% d’exécution budgétaire. Quant à la composante portée par le Conseil régional des Hauts-Bassins, elle a connu un niveau d’exécution financière assez faible, soit 34,9%, au titre de la première année d’activités. Cela s’explique par le fait que les activités qui y ont été planifiées devaient être réalisées en fonction de la mise en œuvre de la Stratégie régionale de la culture et du tourisme au sein du conseil régional des Hauts-Bassins. Pourtant, cette stratégie n’était pas encore disponible. A l’heure actuelle, la stratégie en question n’est pas entièrement finalisée mais les pans les plus importants l’ont été. Au cours de la première année, il y a eu en termes de résultats majeurs, le financement de 74 projets culturels pour un montant de 1 265 324 755 FCFA, le financement et la participation de 9 opérateurs culturels et touristiques de la région des Hauts-Bassins à différents évènements ou manifestations culturels au Burkina et à l’étranger. Au titre de l’administration publique 112 agents et 148 opérateurs culturels des filières prioritaires retenues ont bénéficié de renforcement de capacités.
852 moyens matériels sur 400 qui étaient prévus ont été acquis au profit de l’administration publique et des opérateurs culturels privés. Ce sont des engins à deux roues, des ordinateurs, des mobiliers de bureau, des véhicules à quatre roues. Six études ont été réalisées.

Quelles sont les activités majeures au programme en 2022 ?
Pour l’année 2022, c’est à peu près les mêmes activités qui seront reconduites avec quelques différences. Pour la région des Hauts-Bassins, la stratégie régionale de la culture et du tourisme est en train d’être parachevée. Toute chose qui va certainement donner un coup d’accélérateur aux activités de cette composante ; il y aura un peu plus d’activités que la première année.
Pour la deuxième année de mise en œuvre du programme, un budget de 2 122 183 344 FCFA sera mobilisé pour financer l’ensemble des activités. Il se compose comme suit : au profit de la composante portée par le FDCT 1 662 340 658FCFA seront mobilisés. Au ministère en charge de la Culture, 287 588 378 FCFA sont alloués et 172 254 308 FCFA pour les activités du Conseil régional des Hauts-Bassins dans le cadre du PAIC GC. En rappel, une bonne partie de ce budget sera dédiée au financement des projets des opérateurs culturels soit le budget alloué au FDCT dans le cadre de ce Programme qui représente environ 78% du budget global.

Propos recueillis par Mariam OUEDRAOGO / Agence DEFICOM
Chargée de communication du PAIC GC